Suite (et fin) de la traque et élimination des 3 témoins.
Après ces sueurs froides, il est temps de prendre un peu de repos et de se lancer rapidement sur les traces des 2 autres, qui restent pour le moment de parfaits inconnus.
Nils va voir Irimina, le noble dilettante, et négocie un service contre un service.
Akoro va voir Stasia, l’apothicaire qui a de bonnes relations haut placées au Ministère de la Préservation.
Quelques heures plus tard, les informations redescendent : Carro Moriston est un possédé des Réconciliés, et squatte un vieil entrepôt abandonné dans le district du Val brûlé. Mils Grine est un ouvrier d’une usine de pièces détachées située dans la Butte Noire.
Nils et Aroko décident de commencer par le possédé, qui semble plus simple à cueillir, et de s’occuper de Miles à la sortie de l’usine.
Ils surveillent les alentours de l’entrepôt, qui semble réellement désaffecté, mais n’est pas abandonné pour autant : une bande de sdf le squattent et semble en assurer aussi la sécurité. Aroko n’est pas très discret et se fait repérer par des gros bras des Broyeurs, le gang qui contrôle cette partie du quartier. Il se fait un peu bousculer, et finit par négocier un traité de non intervention contre un lingot. S’ils sont discrets et ne font pas de vagues, les Broyeurs les laisseront faire leur coup ici. Sinon…
Du coup, les BPB décident de la jouer fine : plutôt qu’ex-filtrer Carro, ils vont l’attirer dans un piège ! Ils vont lui faire croire qu’ils veulent le recruter dans leur bande ! Plus c’est gros plus ça passe !
Aroko et le Loup se présentent donc à la porte de l’entrepôt et demandent à parler à Carro. Les habitants sont méfiants et restent alentours « au cas où » ! Mais la bande la joue fine et finit par convaincre Carro de venir avec eux. Sur le chemin, il s’avérera très affable et incroyablement reconnaissant à eux de lui offrir une porte de sortie à cette vie misérable… Héhé, il ne croit pas si bien dire…
À l’arrivée en vue du pont de la Serre, qui joint la Butte Noire au district de Serre de Corbeau, Carro fond en larme et leur dit « Promis, je n’ai rien vu, j’vous l’jure ! ».
— Pas vu quoi ?
— Rien justement ! J’vous jure ! J’étais endormi et j’l’ai même pas vu vot’ patron!, dit-il entre deux sanglots.
La curiosité des deux voyous s’en trouve pincée : il lui demandent ce qu’il n’a « pas vu ».
« Ben j’ai vu un type avec des gros bras, qui discutait avec un autre type super bien habillé, à propos d’une loi ou d’un truc comme ça, et que l’un il disait que la loi ne devait pas passer et que l’autre il disait ben de toutes façons, elle va passer, y’a rien qu’vous pouvez y faire ! Ni une ni deux un des gros bras sort une lame et la plante direct dans le bide de l’autre type bien habillé… Il s’est vidé de son sang le gars… et l’autre il s’est penché sur lui et lui a dit ‘Pour ça, on verra !’… ».
« Mais moi j’sais pas qui c’est ces gars et j’m’en fous, j’vous jure »…
Pris de pitié, les frères décident de vraiment lui offrir un job… en échange de son silence et qu’il reste dans le repaire.
Arrivé au chasseur de Léviathan, Carro s’arrête et dit « Whaou, vous habitez là ? Sérieux !? Vous avez pas peur des émanations démoniaques vous alors ! C’est bien malsain ici quand-même ! ».
Intrigués par sa sensibilité au Champ Spectral, les deux l’interrogent et il s’avère qu’il sait beaucoup de choses sur ce domaine, étant un Fantôme… Finalement, Carro va avoir une utilité ! Ils l’invitent à l’intérieur et lui donnent des quartiers, avec interdiction de quitter le bateau, sous peine de mort.
Pas le temps de se reposer, l’heure de changement de rotation va bientôt arriver et s’ils veuillent cueillir Miles, il faut y aller maintenant !
Nils prend place sur les toits, Aroko se déguise en ouvrier « inspecteur de sécurité de l’électroplasme », et veut pénétrer l’usine pour faire une « diversion » explosive ! Chassez le naturel…
Une surprise les attend à l’entrée de l’usine. Casta, le chasseur de primes, est adossé au mur attenant à l’entrée, en train de fumer une cigarette nonchalamment. Mince ! Ca va compliquer les choses… mais pas le choix !
Aroko entre comme si de rien n’était dans l’usine avec sa trousse à outils, non sans attirer le regard peu sympathique de Casta. Dans l’usine, Aroko repère rapidement les lieux, à la recherche des barils d’électroplasme qu’il sait pouvoir trouver ici. Deux chambres fortes sont disposées aux extrêmités de l’entrepôt, d’où sortent des tuyaux en caoutchoux distribuant l’électroplasme aux machines. Il s’approche de l’une d’elles et s’adresse directement aux gardes postés là.
« J’viens pour la maintenance ! », dit-il.
— Y’a pas de maintenance de prévu, il me semble, vot’ collègue est déjà passé hier !
— Ah ben ça, mon gars, moi j’m’en fous ! Le patron il m’a dit tu passes là-bas, moi j’passe là-bas, c’est tout ! Foutus patrons qui notent rien ! J’ai pas qu’ça à foutre moi de faire des aller-retours »…
Ce baratin suffit à attirer leur sympathie et les gardes lui disent de faire fissa ! Ils lui ouvrent la porte de la chambre forte, mais gardent un œil sur lui. Aroko s’installe et commence à inspecter ces mécanismes, dont il ne connaît rien ! C’est plus complexe que ce qu’il pensait, mais il pense pouvoir comprendre, et surtout, démolir ! Il profite de l’inattention d’un garde pour planter son premier appareil, puis appelle l’autre pour qu’il lui amène un outil. Quand il a le dos tourné, il plante le deuxième explosif et s’affirme satisfait !
« C’est bon c’est fait ! Bon, ça a été maintenu n’importe comment, vous avez d’la chance que je sois passé en fait ! Les gars avaient pas fait les choses correctement, ç’aurait pu péter à n’importe quel moment ! »
— Ah ben putain vous avez bien fait d’passer alors !
— Ouep ! », répond Aroko.
Il prend ses affaires, sort, s’enfonce le beret sur le visage avant de ressortir et de croiser Casta. À peine sorti, « BOUM », les explosifs pètent et la panique s’ensuit ! Un mouvement de foule se crée en direction de la sortie ! Aroko se faufile dans une allée et attend la sortie de Miles ! Nils est en embuscade derrière une cheminée haut placée.
Miles sort, mais Casta vient le protéger immédiatement pour l’ex-filtrer. Entre la foule qui sort et Casta, le tir ne va pas être facile ! Nils bloque sa respiration, fait le vide, et tire ! Un tir que peu de personnes dans le monde peut effectuer. La balle se loge dans l’épaule de Miles… Merde ! Pas assez pour le mettre sur le carreau ! Casta le repère et tente au jugé de lui tirer dessus, surtout pour l’obliger à se cacher ! Le tir est parfait, la balle s’enfonce dans le flanc de Nils ! Casta disparaît dans une rue perpendiculaire à l’usine avec Miles !
Aroko sort son détecteur de champ spectral et tente de repérer Casta, sur qui il a planté un mouchard. Malheureusement il est trop loin… il décide de communier avec le Champ Spectral pour mieux y voir. Le monde passe en bleu, les bâtiments s’effacent, mais pas les gens. Il se relocalise pour avoir un visu direct.
Nils, lui, se délocalise, malgré sa blessure. Il suit Casta depuis les toits. C’est complexe, mais le Loup n’a pas son surnom pour rien ! Aroko et Nils entament la traque, l’un au sol, l’autre sur les toits.
Aroko réussit à couper le chemin de retraite de Casta. Il les attend, sort son projeteur sonique qu’il a bricolé pour l’occasion. Il entend les bruits de pas des deux hommes en fuite, sort de son allée et tire sur Casta, qui tombe au sol, étourdi !
Casta au sol, Miles ne se pose pas de question et déguerpit en bousculant Aroko, qui tombe ! Au sol, la Mâchoire tente de lui tirer dessus, mais le rate. Nils s’étant à nouveau délocalisé, il trouve une dernière fenêtre de tir. C’est sa dernière chance ! Il ajuste, tire, et blesse Miles au molet. Il se traîne difficilement au sol, mais Aroko se relève, s’approche de lui, et lui tire froidement une balle dans la tête. Job done !
Il est temps de fuir, parce que les sirènes de la Brigade et les sifflets des Manteaux Bleus se font entendre. Une épaisse fumée sort de l’usine de pièces détachées.
De retour au repaire, Carro les attend, en tablier avec un balai. Le repaire est nickel, tout est propre et brille ! Par contre il annonce qu’il n’approchera jamais des soutes, « ça pue trop la mort là-d’dans ».
Le lendemain, 6 lingots font leur apparition sur la table de la salle commune. Une paie bien méritée. Il faut payer les Chasseurs de Léviathans et aussi trouver un sacrifice pour le démon… un SDF fera l’affaire !